fin de campagne
mai 3rd, 2012 § Laisser un commentaire
à regret, je dois annoncer la fin de la campagne. deux d’entre mes joueurs à qui mon style de maîtrise ne plaisait pas ont préféré quitter la campagne.
bande d’ingrats ! que Sigmar vous maudisse.
Deuxième Chronique
octobre 16th, 2011 § Laisser un commentaire
Prélude
Un homme est assis silencieusement près d’un feu, un autre le rejoint en bourrant une pipe.
- Vous avez l’air d’un homme en deuil.
Le premier homme se retourne et se confesse.
- Je viens de perdre deux compagnons…
- Les circonstances devaient être particulières, je sais juger un homme et je ne vous vois pas facilement impressionnable.
- Particulières… Oui.
Le fumeur apprécie sa pipe.
- Vous arrivez de Bögenhafen ?
L’homme hésite à répondre, l’autre continue.
- Étiez-vous présent lors des événements ?
La tristesse de l’homme augmente, le fumeur tire une bouffée puis pointe sa pipe vers une porte.
- Ce marchand qui mange dans la salle derrière, se dépêche d’arriver à Bögenhafen, il y a toute sa fortune et s’inquiète.
- Il ne trouvera rien…
Bouffée silencieuse.
- … il ne reste plus rien.
L’homme à la pipe tend sa blague de tabac.
- J’ai moi-même perdu plusieurs camarades et j’ai toujours apprécié le tabac pour m’aider à oublier. Celui-ci est importé d’Arabie.
L’autre refuse poliment d’un signe de tête.
- Si vous changez d’avis, n’hésitez pas, rien à voir avec les tabacs du Moot. Ah, de nouveaux arrivants.
*
2512, nuit du 33ème du tournant de l’année et du Mitterfrühl, relais des Cinq Chênes
La nuit est tombée et l’orage continue. Après de longs efforts, le groupe réussit à remettre la diligence de Gurdil sur la route. Ils sont tous trempés jusqu’aux os et regrettent de ne pas s’être arrêtés à Ubersreik, mais après une lieue, ils arrivent à leur étape : le Relais des Cinq Chênes.
Voyant l’équipage franchir l’enclos, le gardien ouvre la grande porte et leur fait signe d’amener le coche vers les écuries. En passant devant l’enseigne de l’auberge, Kierkegaard y reconnait un symbole : au-dessus de cinq chênes colorés, une sorte de M aplati symbolise un col de montagne, c’est une rune commune utilisé par les contrebandiers. La passe de la Dame Grise n’est pas loin, le relais sert probablement de cache à la contrebande avec la Bretonnie.
Aux écuries, le palefrenier dépêche ses deux garçons pour guider puis désarnacher les chevaux. Une diligence des Lignes de Cartak et un grand charriot à la bâche noire sont déjà dans le hangar. Les écuries sont pleines, il y a du monde au relais.
Le palefrenier reconnait Gurdil et lui demande s’il sera aussi drôle que la dernière fois. Gurdil gromelle mais, en réfléchissant, il récupère le vague souvenir de s’être réveillé dans une stalle lors de son dernier passage. Le palefrenier oriente le groupe vers la salle commune. Ils se mettent en appétit en passant devant les cuisines et arrivent dans une salle agréablement chauffée par un feu dans une grande cheminée.
La pièce est ainsi : un homme fumant une pipe est assis devant la cheminée, il se retourne pour voir qui arrive ; un autre homme est assis à côté mais reste absorbé dans ses pensées ; deux hommes sont assis à une table près du feu, l’un lit et relève les yeux pour voir les nouveaux arrivants, l’autre regarde son verre ; un couple mange à l’une de table ; un homme vêtu de noir est plongé dans l’étude d’un document ; un homme maigre s’apprête à manger l’assiette qu’une serveuse vient de lui donner ; un autre homme mange aussi seul à une table, un lourd manteau humide est posé sur l’une des chaises de sa table ; enfin, un groupe de joueurs au fond de la salle ne semble pas remarquer les nouveaux arrivants. Un balcon menant probalement aux chambres surplombe le mur d’entrée dans la salle.
La serveuse, une jolie femme souriante, accueille le groupe et l’installe à une table avant d’aller prévenir le patron.
Gurdil reconnait en l’homme au manteau humide un cocher des Lignes de Cartak qu’il avait déjà croisé il y a longtemps. Il s’assoie un instant avec lui et entame la conversation. Le cocher s’appelle Uto Heffengen et travaille sur la ligne Altdorf-Ubersreik. S’il se retrouve en dehors de son itinéraire habituel, c’est qu’en fin de journée, alors que la rumeur de la destruction de Bögenhafen gagnait tout Ubersreik, un marchand de Bögenhafen l’a grassement payé pour qu’il le conduise au plus vite chez lui. Il voyage avec sa femme, son fils et deux serviteurs et est en train de manger dans la salle adjacente. Entendant le projet de voyage du marchand, un autre voyageur s’est joint à eux (l’homme a tête de fouine qui mange seul) et Uto, qui a profité de l’urgence pour monter ses prix, s’est retrouvé avec la meilleure paie qu’il ait jamais eu pour une course. Il ne sait pas ce qui s’est passé à Bögenhafen mais il était à Grunburg il y a quelques semaines lorsque le maire de la ville a été brûlé vif pour sorcellerie.
Pendant ce temps, Siegfried s’est installé au comptoir et commande une choppe de bière rousse au jeune serveur. Le garçon lui précise que c’est une bière de l’établissement brassée par son frère. Siegfried observe la salle et reconnait l’attitude martiale de l’homme en noir qui étudie un grand document dessiné sur sa table.
Kierkegaard rendu curieux par la possibilité de trouver des contrebandiers, s’excite lorsqu’il entend mentionner une autre salle avec un marchand. Il s’y précipite et fait des allusions lourdes au marchand sur son activité de contrebande. Le marchand, interrompu dans son repas par un homme encore tout boueux, s’agace et lui ordonne de sortir et de les laisser manger en paix avec sa famille. Kierkegaard refuse, le ton monte et Jéricho entre à son tour dans la pièce dont il ferme la porte. Il se présente comme un patrouileur et menace à son tour le marchand qui ne se laisse toujours pas impressioner et réclame son assistance pour le débarrasser de l’intru. Jéricho refuse et sort son arme, le marchand blêmi, sa famille est terrorisée. C’est à ce moment là que l’aubergiste rentre dans la pièce.
L’aubergiste revient dans la salle en poussant les deux perturbateurs et leur demande d’être respectueux et de ne pas importuner ses clients. Kierkegaard fait des sous-entendus sur le fait que l’aubergiste est un contrebandier grassement acheté par le marchand. Celui-ci se défend et lui demande de ne pas l’insulter dans son établissement. Puis, connaissant son métier, il calme le jeu en engageant la conversation sur le logement et le repas. Une seule chambre est libre, elle sera prise par Lysandre ; le repas est une soupe de lentilles à l’ail et aux herbes. Kierkegaard et Siegfried veulent prendre un bain, l’aubergiste promet un baquet d’eau chaude. Lysandre demande si elle peut danser ou faire un petit spectacle, mais l’aubergiste refuse. Elle montera se coucher après avoir pris son repas.
Siegfried s’introduit au militaire en noir. Reconnaissant un prêtre de Sigmar, l’homme replie sa carte et l’invite à sa table. Il se présente comme Joachim Maurer. Siegfried remarque un corbeau brodé sur son gambison et lui demande s’il est un templier au service du dieu Mórr. Joachim répond qu’il travaille bien pour Mórr mais qu’il est indépendant de tout ordre. Quand Siegfried lui demande s’il va à Bögenhafen, il acquiesce, mentionnant qu’il attend un collègue pour partir. Il lui conseille de ne pas y aller, sous-entendant que des puissances loin du ressort des répurgateurs mêmes sont derrière ce qui s’y passe et que le commun des mortels se doit de rester loin. Siegfried est inquiété par le ton sérieux de son interlocuteur et le quitte en promettant de dissuader ses compagnons.
Gurdil, inspiré par le récit d’Uto, a décidé de saboter le coche de celui-ci afin de récupérer ses clients. Il quitte son collègue et retrouve Jéricho pour aller aux écuries. En sortant, ils croisent le palefrenier qui s’en vient jouer aux dés. Dans les écuries, Gurdil tombe sur le garçon d’écurie qu’il chasse à coups de claques, s’en suivent quelques insultes et plus de claques pour le garçon. Jericho inspecte le charriot noir. La bâche de celui-ci est orné du dessin d’un corbeau blanc déployant son aile gauche et regardant vers la droite. À l’intérieur se trouvent une vingtaine de malles bien rangées contenant principalement du matériel militaire. Jéricho ne voit rien de valeur et retourne au chaud après avoir volé une dague pour le principe, laissant Gurdil finir son affaire. Celui-ci ne trouve pas de scie pour fragiliser l’essieu de son rival et décide de rendre le coche inhabitable en déféquant dedans et en y égorgeant et plumant la poule qui s’abritait de la pluie sous le hangar. Sur le chemin du retour, il trouve la forge et une scie et revient scier l’essieu.
Cependant, dans la grande salle, l’homme fumant la pipe s’approche de Kierkegaard et s’adresse à lui en bretonnien.
- Soyez plus subtil, mon vieux. Je me souviens de vous comme un homme appréciant les marchandises de qualité. À confronter ainsi l’aubergiste, vous ne gagnez qu’à vous priver d’une bonne bouteille.
Kierkegaard regarde l’inconnu et reconnaît le représentant d’un marchand de Marienburg qui était entré en contact avec lui il y a quelques mois. Il donne raison à son interlocuteur sur son comportement et l’invite à sa table. L’homme est habillé d’un pourpoint noir richement brodé, il a une calvitie et les traits marqués de ceux qui vivent dehors.
- Armand de Rochefort, nous nous étions rencontrés dans le Dunkelland, il y a six mois. Vous m’aviez escorté au Karak Azgaraz où je devais négocier des accords commerciaux. J’étais barbu à l’époque mais déjà dégarni.
Kierkegaard se rappelle qu’il avait également voulu négocier des tarifs et des livraisons régulières avec ses supérieurs, mais ne se souvient plus si ça s’était fait ou pas.
L’aubergiste passant non loin, l’homme revient au Reikspiel pour s’adresser à lui.
- Amadeus. Cet homme voudrait vous présenter ses excuses.
Kierkegaard s’exécute sincèrement, l’aubergiste est satisfait mais se raidi lorsque Rochefort continue.
- Ceci étant fait, vous nous apporterez bien un vin de votre cuvée spéciale.
- Monsieur… je n’en ai plus.
- Allons, c’est une bonne maison que la votre et pour un homme de ressources, il y a toujours une bonne bouteille dans les bonnes maisons. Bouteille que vous aurez la délicatesse de verser dans un pichet comme si c’était du vin commun, je ne veux pas attirer l’attention.
Et Rochefort de glisser une couronne dans la main de l’aubergiste qui se dirige souriant vers son cellier.
- Et vous y joindrez une saucisse bien séchée.
Kierkegaard reprend la conversation en bretonnien.
- Avez-vous quelque chose à voir dans la contrebande locale ?
- Rien du tout, je suis seulement de passage ici, je reviens de Bretonnie et vais à Altdorf. Mais j’ai appris à reconnaître certains signes.
Il rallume sa pipe et continue.
- J’ai de bons souvenirs de notre expédition au Karak Azgaraz. Je serais de retour dans le Dunkelland dans quelques semaines, j’aurais du travail pour vous si vous êtes dans la région.
Kierkegaard répond qu’il serait intéressé et l’aubergiste revient avec le pichet et la saucisse.
Celui-ci prévient aussi Siegfried que le baquet d’eau pour son bain a été installé dans la partie abritée de la cour. Rochefort reprend.
- Votre groupe va à Bögenhafen ?
- Oui.
- Ces trois hommes, celui qui est devant le feu et ses deux compagnons à la table voisine, en reviennent. Ils semblent démoralisés et ne sont pas bavards, mais si vous arrivez à en sortir quelque chose, revenez me voir.
Heureux d’avoir une piste pour enfin percer le mystère de la destruction de Bögenhafen, Kierkegaard quitte Rochefort pour s’asseoir à côté de l’homme près de la cheminée.
- Vous revenez de Bögenhafen ?
- Laissez-moi tranquille.
- Que s’est-il passé à Bögenhafen ?
- Je n’ai rien à vous dire.
Il se lève et va rejoindre ses camarades. Kierkegaard s’assoie à leur table sans attendre d’y être invité.
- Que s’est-il passé à Bögenhafen ?
L’homme qui lisait ferme son livre et accepte la conversation.
- Laissez-nous en paix, monsieur.
- Que s’est-il passé à Bögenhafen ?
- Je n’ose rien dire.
Le grand costaud du groupe se met à pleurer à gros sanglots dans sa choppe.
- Alchor…
[ne me souviens plus comment s'est fini le dialogue]
Ayant fini de prendre son bain, Siegfried revient dans la salle commune et aperçoit un homme espionnant derrière la fenêtre. Il récupère Kierkegaard et, en sortant, ils tombent sur Jéricho qui revient des écuries. Le groupe décide de prendre à revers le curieux. Jéricho longe le mur est et Siegfried et Kiekegaard le mur ouest. Il pleut toujours à verse et il n’est pas difficile d’être discret.
L’homme est appuyé sur le côté de la fenêtre et regarde fixement l’intérieur de la salle. Jéricho se glisse dans le dos de l’homme et lui signale sa présence. L’homme se retourne en surprise, une main sur son épée, mais le geste lui arrache un gémissement, il a l’air blessé. Quand Jéricho se présente comme un patrouilleur, il se détend et se présente comme Adolphus Kuftsos, chasseur de prime, à la recherche d’un homme condamné pour enlèvement d’enfant à Nuln. Il demande l’assistance de Jéricho pour l’aider à ramener cet homme devant la justice. Jéricho lui demande combien cela lui sera payé, l’homme répond que l’enfant qui fût enlevé était le fils d’un riche marchand et que celui-ci paiera un bon prix.
Kierkegaard qui n’entend rien du dialogue avec Jéricho, décide de trouver qui espionnait l’homme, il laisse Siegfried et revient dans la salle et constate que l’inconnu fixe les trois hommes qui reviennent de Bögenhafen.
Il prévient aussitôt le groupe des trois, tous se retournent vers la fenêtre ; le grand costaud est comme désoûlé d’un coup et se précipite dans sa chambre, il revient avec trois épées et fait signe à ses amis de le retrouver dehors.
Les deux autres s’exécutent, suivis de Kierkegaard. Le costaud descend par l’autre escalier et tombe sur Gurdil qui revient après son sabotage. Les deux s’accrochent mais Gurdil se fait pousser brusquement et l’homme peut donner leurs armes à ses compagnons. Les trois suivis de Kierkegaard et Gurdil se précipitent dans la cour en renversant le baquet du bain. Siegfried, alerté par le bruit, a déjà sorti son marteau lorsqu’ils arrivent.
Jéricho dégaine ses pistolets, Kuftsos dégaine son épée en geignant. Le grand s’avance vers le chasseur de prime. Siegfried le somme de s’arrêter lorsqu’il passe devant lui mais sans succès. L’homme s’adresse à Kuftsos.
- Alors, je ne t’ai pas tué la dernière fois ?
Les deux commencent à se battre, Jéricho intervient mais rate sa cible et sa balle brise un carreau de fenêtre, Kuftsos se fait toucher.
Cependant, Gurdil s’est jeté sur celui des trois qui lisait un livre, il le plaque au sol et l’assome de trois coups de tête. Kierkegaard a agrippé celui qui restait près de la cheminée mais recule après s’être pris un coup d’épée. Siegfried intervient et blesse l’homme mais c’est Gurdil qui décoche le coup critique : un terrible coup de marteau sépare le pied de la cheville et l’homme tombe au sol en hurlant.
Pendant ce temps, malgré une blessure par balle de Jéricho le costaud met un coup fatal à Kuftsos en l’amputant d’un bras. Le chasseur de prime tombe à genoux puis s’écroule. Son adversaire n’a pas le temps de profiter de sa victoire, il s’effondre à son tour lorsque Siegfried lui brise la tempe d’un coup de marteau.
La pluie tombe toujours autant, quatre corps gisent à terre.
*
Création de personnages
octobre 13th, 2011 § Laisser un commentaire
Je voudrais mentionner ici plusieurs aides de jeu qui m’aident beaucoup à développer des PNJ : le Livre des noms de l’Empire et le Module des joueurs, tous deux trouvés sur le site Winds of Chaos.
Le premier rassemble des listes de noms pour des personnages, des échoppes ou des rues, et le second fournit des tables aléatoires pour tirer toutes les caractéristiques physiques et sociales des personnages, il est un peu plus complet que les tables des règles et contient des idées sympas comme des pourcentages de chance pour savoir si un personnage est marié ou a des enfants. Je ne suis pas un grand fan de la génération aléatoire de personnages, mais quand on doit en créer les vingt clients d’une auberge, ça simplifie la vie. En outre, ces tables contiennent souvent des idées de détails auxquelles je n’aurais pas forcément pensé, comme le fait de se tenir voûté, d’avoir une moustache tressé, des cheveux gras… Ce genre de petits détails m’inspire, il y a toute une histoire à inventer à partir de ce genre de traits.
Il ne manquerait qu’une table de génération de costumes. Une telle table est utilisée implicitement dans les différents générateurs aléatoire de personnages, dommage qu’elle n’aie pas été incluse dans le Module des joueurs.
Sinon, le site Winds of Chaos contient d’autres aides de jeu intéressantes, notamment une table aléatoire de repas qui m’amuse beaucoup.
Il faut aussi mentionner les Liber Fanatica, qui contiennent de nombreuses tables aidant à la création de personnages (et d’autres choses), mais vient un moment où tout ça fait trop de tables…
Mutants
octobre 9th, 2011 § Laisser un commentaire
Je n’aime pas le terme de ‘mutant’, je le trouve trop moderne pour l’univers de Warhammer (il m’évoque mes cours de biologie et les drosophiles…), je l’avais d’abord remplacé par le terme ‘déformé’ que je trouvais plus crédible comme vocabulaire du paysan de l’Empire, mais l’une de mes joueuses m’a proposé le terme de ‘contrefait’, qui sonne si superbement médiéval.
J’ai aussi décidé de réduire la présence du Chaos dans le jeu, j’ai choisi de réserver l’usage du terme ‘Chaos’ pour les religieux, les sorciers et toute l’élite intellectuelle qui s’intéresse à et connaît l’histoire de l’Empire. L’Empire de 2512 est pacifié et ses habitants doivent oublier peu à peu leur passé de luttes contres les orques et autres forces chaotiques ; surtout dans le Reikland, province éloignée des influences malsaines. C’est dans ce contexte sans méfiance que la menace de l’Ennemi Intérieur prend sa densité.
Si les paysans se racontent pour se faire peur des histoires de gobelins, d’orques, de contrefaits, d’êtres mi-hommes-mi-bêtes et de créatures plus maléfiques encore, rares sont ceux qui savent d’expérience que tout ça existe vraiment. Ces histoires sont alimentées et exagérées par les récits de chacun et la mémoire collective, génération après génération, finit par ne plus conserver que leur aspect symbolique de menace et de mythe. Telle que j’imagine la campagne de l’Ennemi Intérieur, les joueurs doivent de plus en plus s’y retrouver confrontés à la réalité de choses dont ils pensaient que ce n’étaient que des légendes.
Dans le même ordre d’idée, j’aime l’introduction dans la deuxième édition du nom de Malepierre pour désigner la Pierre Distordante de la première édition. J’imagine Malepierre comme étant un terme populaire, soulignant un danger et non un mécanisme, et celui de Pierre Distordante comme étant un terme plus précis, plus scientifique, utilisé par une élite qui sait de quoi elle parle.
Cartes de l’Empire
octobre 4th, 2011 § Laisser un commentaire
En préparant la campagne, je suis tombé sur de magnifiques cartes du monde de Warhammer. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui ont tant travaillé à dessiner ces cartes et je liste ici mes préférées.
Tout d’abord, voici la fameuse carte de l’Empire d’Andy Law (reproduite avec son aimable autorisation)
ainsi que l’agrandissement de la région du Reikland (un peu plus complète que la précédente)
Certains nom de lieux ont du être inventés par lui car je n’en ai trouvé référence nulle part, mais bon, c’est du jeu de rôle et chacun le personnalise à sa guise.
Je me confesse absolument fasciné par ces deux cartes, j’ai beaucoup apprécié d’avoir une géographie précise et complexe sur laquelle fonder des histoires (hauteur des montagnes et leurs passes, terrains forestiers, plaines herbeuses ou sèches…). Je me souviens d’un entretient d’Hugo Pratt où il expliquait que c’était les voyages et leur longue durée qui créait l’aventure et, qu’à une époque de transport en avion, l’aventure disparaissait. J’applique cette philosophie en jeu de rôle en faisant voyager mes joueurs à travers tout le monde ; ça m’aide d’avoir une bonne carte pour rationnaliser tout ça.
J’ai également apprécié les limitations en pointillés de ce que je considère comme des baronnies ainsi que leur regroupement en ce que j’appelle des comtés (j’ai introduit ce vocabulaire – provinces subdivisées en comtés subdivisées en baronnies – pour simplifier la hiérarchie politique de l’Empire, on verra à l’usage si ça tient la route).
Voici les liens vers les autres cartes que j’apprécie :
- les cartes d’Alfred Nuñez qui ont la qualité d’être dessinées à la main et qui peuvent donc passer pour des documents de jeu, ce sont aussi parmi les premières (sinon les premières) cartes détaillés de toutes les provinces de l’Empire. ;
- les versions plus modernes des mêmes cartes par Andreas Blicher et leur compilation en une belle carte en couleurs ;
- et, enfin, la très belle et très gigantesque carte du vieux monde par Gitzman qui va bien au-delà de l’Empire (et sur laquelle on navigue agréablement avec l’outil googlemap).
Avec les échelles des cartes, on peut calculer que l’Empire rentre dans un carré de presque 2000 sur 2000 km, ce qui le rend bien plus gros que la France (qui fait un peu moins de 1000 par 1000 km) et aussi grand que l’Europe Centrale, de l’Allemagne jusqu’à l’Ukraine et la Biélorussie à l’est et jusqu’à la Grèce au sud. Un beau terrain de jeu…
Première chronique
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
2512, 30ème du tournant de l’année, jour du Roi, à Nuln
Siegfried vient d’être ordonné prêtre de Sigmar, il s’apprête à partir parcourir le monde et fête ça avec quelques amis à la taverne des Trois Hiboux, un bouge dans un quartier mal famé de Nuln tenu par un brasseur nain. Son ami le cocher nain Gurdil qui est saoûl décide de partir avec lui. Gurdil parle de convaincre son ami contrebandier Kierkegaard, qui vit à Dunkelburg, de partir avec eux.
Arrivent le patrouilleur du Reikland Jéricho et Lysandre, une lanceuse de couteaux au charme étrange, Jéricho reconnait Gurdil et se joint à eux, les quatre font connaissance et échangent sur leur désir de changer de vie et d’aventure.
Seul lettré des quatre, Siegfried fait la lecture de deux annonces qu’il a trouvé : l’une est un appel à partir en expédition avec le Prince Tasseninck, l’autre est une publicité pour le Schaffenfest de Bögenhafen.
Gurdil est très tenté par l’expédition mais il est insulté et crie très fort lorsque Siegfried lit que les nains ne sont pas les bienvenus. Ils décident d’aller au Schaffenfest où l’ancienne troupe de carnaval de Lysandre devait se rendre. Ils passeront récupérer Kierkegaard sur le chemin.
*
2512, 31ème du tournant de l’année, début de semaine, Dunkelland
Nos quatre amis passent la journée à faire la route jusqu’à Dunkelburg où ils récupèrent Kierkegaard à l’auberge Barrique et Cochon.
*
2512, 32ème du tournant de l’année, jour de fête, Falkenland
Maintenant cinq, le groupe prend le chemin de Bögenhafen, il leur faudra quatre jours pour arriver. Jéricho étant le seul à avoir un cheval, tous les autres montent dans le coche de Gurdil. La route parcourt les plaines fertiles du Vorbergland en longeant l’un des plus gros massifs des Montagnes Grises, le temps est beau et tout est tranquille. Kierkegaard ne cesse de parler pendant tout le trajet, il est curieux sur ses nouveaux amis et leur raconte toute sa vie.
Le soir venu, ils s’arrêtent au relais de Gertrud quelques lieues après Stimmigen. Gertrud est une grande et grosse femme avec des seins énormes qui se balancent dès qu’elle bouge. Elle reconnaît Gurdil et lui rappelle son ardoise. Gurdil argumente et réussi à ne pas payer tout de suite, Gertrud est tout de même contente de le revoir et le prend chaleureusement dans ses bras, ces deux-là passeront probablement la nuit ensemble.
Le relais n’est pas très fameux et il est maigrement peuplé, des paysans locaux finissent des parties de cartes et de dés, au moins il y aura de la place dans le dortoir. Après un ragout de lapin aux pieds de porc (dont Gurdil ne sera servi que le bouillon), un vieil homme entre en faisant la leçon à un autre, il fait beaucoup de bruit en parlant fort et frappant sa canne par terre. Son compagnon, plus jeune et élancé, semble être habitué à de tels discours ; tous deux sont richement habillés.
– …et voilà l’autre face de l’Empire, des bons à rien. Des illettrés et des ignorants. Ils ne valent pas mieux que l’Empereur et ses intriguants.
Jéricho reconnaît le Graf von Falkenhayn, baron du Falkenland, dont il patrouille le territoire. Kierkegaard connait aussi le baron de nom, il sait que son organisation le paye pour qu’il ne police pas la contrebande sur son territoire.
– Le Dunkelland était à moi. Mais aujourd’hui, on passe trois mois à Altdorf et on en sort baron. Je veux tout savoir sur cet Anderlecht, notre nouvel ennemi, vous allez mettre vos contacts au travail. Nous n’avons pas de temps à perdre, il doit être déjà en route.
Son compagnon ne répond rien, von Falkenhayn fait une pause et ajoute
– Vous voyez, ce sont toutes ces sectes qui rongent le pouvoir, l’ennemi n’est pas derrière les montagnes, il est au coeur de l’Empire. Sorcelleries, intrigues, aujourd’hui, tout le monde a ses petits cercles de pouvoir, tout le monde a sa Secte qui fomente quelque chose en secret, mais en vérité il n’y a que des égoïstes ou des imbéciles.
La rumeur monte que c’est le seigneur local. Gertrud se précipite et se plie en deux.
– Monseigneur, quel honneur pour moi-même et mon établissement. Puis-je installer Monseigneur à une table ?
Von Falkenhayn qui regarde par la fenêtre ne se retourne même pas.
– Non. Va t’en, drôlesse ! Ont-ils fini de changer cet essieu ? Bande d’incapables…
Dépité, il se retourne vers la salle puis vers son compagnon.
– Regardez ce peuple que je dois défendre et pour quoi on ne me récompense pas. De mon temps il y avait encore des patriotes, les auberges étaient remplies d’hommes fiers. Aujourd’hui, ce ne sont rien que des scélérats, des traîtres en puissance, des voleurs qui viennent vous demander l’argent de leur pain…
Il voit Jéricho.
– Et vous, vous êtes un elfe, monsieur, ce pays n’est pas le votre, retournez dans votre arbre.
Jéricho lui demande s’il peut faire quelque chose pour lui. Le baron le reconnaît comme cet elfe qui patrouille sa région.
– Le patrouilleur elfe… Haïs-tu tellement tes semblables pour venir te réfugier ainsi chez nous ?
Le compagnon prend le baron par le bras et le tire en arrière.
– N’haranguez pas ainsi la foule, certains sont armés.
– Et alors j’ai mes gardes. GARDES!! Cessez d’être une pucelle.
Il se dégage de la prise alors que deux gardes rentrent dans l’auberge.
– Messieurs, Messieurs de l’auberge, votre attention. Messieurs, je mets au défi n’importe lequel d’entre vous de faire quoi que ce soit de signifiant pour l’Empire, votre patrie. j’offre la somme de 1000CO à quiconque d’entre vous rendra s’illustrera au service de l’empire.
Il part d’un énorme éclat de rire et sort de l’auberge content de lui. Son compagnon ne bronche pas et le suit. Jéricho, Kierkegaard, et Siegfried sortent à leur suite pour découvrir le vieux baron encourager d’insultes l’avancement des réparations. Ils tentent d’interroger les gardes mais ceux-ci ne savent rien de cet Anderlecht.
Pendant ce temps, Lysandre entreprend de causer avec les paysans pour en savoir plus sur Anderlecht. L’un d’eux, Rutger, prétend savoir des choses pensant profiter des charmes de Lysandre. Mais quand il voit que ça ne marche pas, il devient violent et se prend un coup de coude dans le nez qui le remet à sa place. Lorsque Lysandre redescend au bout de deux minutes les compagnons de Rutger rigolent grassement, et encore plus lorsqu’ils voient leur ami apparaître avec un oeil tuméfié.
Gertrud est contente Lysandre a bien poussé à la consommation le groupe de Rutger, elle lui offre une chambre pour la nuit. Les autres couchent au dortoir où certains attrapent des puces.
*
2512, 33ème du tournant de l’année, jour de travail, Ubersreik
Le vent s’est levé, il pleuvra sûrement aujourd’hui. Le groupe quitte Gertrud et le Falkenland pour Ubersreik.
Sur la route ils croisent un chariot conduit par un homme patibulaire accompagné d’un homme vêtu de cuir souple qui semble être un forestier. Le chariot est précédé d’un cavalier dont on peut deviner qu’il porte une côte de mailles.
Siegfried croit reconnaître l’équipage et demande à Gurdil de s’arrêter à la hauteur du cavalier.
Mais Kierkegaard est curieux du chariot et tombe de la diligence alors qu’il veut sauter sur la route pendant qu’elle roule encore. Devancé par ses amis on rattrapé le cavalier, il tente de monter sur le chariot des deux hommes mais le compagnon du conducteur ne le laisse pas faire. Kierkegaard a tout de même le temps de vérifier que le chariot transporte des caisses.
Il discute avec l’homme en cuir qui se présente comme Mark Ursberg, accompagnant le répurgateur Ernst Wallerstein.
De son côté Siegfried se présente a celui qu’il avait reconnu comme un répurgateur, reconnaissant un prêtre de Sigmar l’homme se présente comme Ernst Wallerstein et se montre sociable.
C’est la première fois que le groupe croise un répurgateur en chair et en os (ou en maille). Inquisiteur en charge de traquer les difformités et les manifestations maléfiques, le personnage est inquiétant et d’un coup certaines histoires de créatures cachées dans les bois semblent plus vraies.
*
Plus loin sur la route, les chevaux s’emballent lorsqu’une silhouette humanoïde sort du bois devant eux. Gurdil ne perd pas son sang froid, contrôle ses chevaux et décoche un carreau d’arbalète dans la poitrine de la bête. Celle-ci s’effondre au sol et le groupe sort pour l’observer. La créature ressemble à un homme mais couvert d’une fourrure noirâtre très sale, elle semble bossue et est vêtue de ce qui fût un pantalon. La créature respire péniblement et Gurdil l’achève avec sa dague. En inspectant le corps, Jéricho découvre une blessure purulente à l’abdomen, possiblement faite par un loup et Kierkegaard remarque un bracelet distinctif qui appartenait à un ancien contrebandier, Niels, disparu depuis 10 mois. La créature est-elle Niels ? Kierkegaard le croit et le groupe réalise soudainement qu’il vient de rencontrer ce que les histoires populaires nomment un contrefait. Plus personne ne dit rien, les histoires de créatures cachées dans les bois sont donc vraies. Siegfried laisse un mot pour le répurgateur derrière eux. Kierkegaard est tout perturbé et il faut le pousser pour remonter dans le coche.
*
Le groupe arrive enfin à Ubersreik, fief du Comte von Jungfreud responsable de tout le sud du Reikland. Ils s’y arrêtent quelques heures.
Siegfried va au temple de Sigmar où il discute avec un prêtre consacré qui lui rapporte la rumeur que la ville de Bögenhafen a été détruite dans un incendie. Siegfried lui parle de sa rencontre avec un contrefait, le prêtre lui mentionne un édit récent de l’Empereur qui prévient le massacre des contrefaits et reconnait leurs droits.
Kierkegaard passe avec Gurdil déposer une caisse de spiritueux bretonniens qu’il avait chargé dans le coche. Il annonce à son contact local qu’il quitte la contrebande et la région, les deux ouvrent une bonne bouteille de la caisse pour se dire adieu.
Pendant ce temps Gurdil, éternel pilier de bar, raconte dans son troquet préféré comment il a tué un contrefait. Il y apprend d’étranges rumeurs sur la santé du fils de l’Empereur et que des gobelins auraient pillé et détruit Bögenhafen.
Jéricho, dont les supérieurs sont à Ubersreik, passe au quartier général des patrouilleurs où tout le monde le méprise. On lui laisse entendre qu’il s’est passé quelque chose mais on ne lui dit rien, son supérieur direct, qui a l’habitude de détourner une partie de sa paie, lui rit à la face quand Jéricho lui demande les nouvelles.
Lysandre, fait les magasins d’où elle ressort avec quelques foulards qui ne lui ont rien coûté.
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Le vent a amassé les nuages contre les Montagnes Grises et la pluie commence à tomber alors que nos amis se dépêchent d’arriver au relais des Cinq Chênes. En sortant de la ville, le groupe croise la garnison de soldats d’Ubersreik qui s’apprête à une marche forcée de nuit sous la pluie, quelque chose de grave s’est bien produit.
Passé le village de Geissbach, à quelques lieues du relais, un groupe de cavaliers dépasse le coche et Jéricho et se mettent en travers de la route. Il pleut toujours et la route et boueuse, Gurdil freine trop sèchement et sa diligence glisse dans le fossé. L’un des cavaliers s’avance un pistolet pointé vers Gurdil qui attrape son tromblon et se jette derrière son coche. Mais le bandit a commis l’erreur de négliger Jéricho qui lui tire une balle entre les deux yeux ; il tombe au sol. Les autres cavaliers restent sans bouger et l’un d’entre eux se prend un couteau dans le bras lancé par Lysandre. Tout le monde est dehors sauf Kierkegaard qui est dans le coche à cacher l’argent qu’il s’est fait à Ubersreik. Un éclair découpe la silhouette de Siegfried avec son marteau à la main, quand le tonnerre retentit, les cavaliers galopent déjà.
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Jéricho
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Jéricho est un elfe de la laurelorn qui fut chassé de chez lui étant jeune, depuis il erre dans l’Empire où il est devenu patrouilleur dans le sud du Reikland. Son travail consiste particulièrement à lutter contre la contrebande d’alcool avec la Bretonnie, mais il n’est pas contre un petit pot-de-vin quand il lui est offert.
Siegfried Schatzenberg
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Siegfried est un jeune wissenlandais de Scharmbeck, qui après avoir travaillé dans la mine de Tierhügel est allé faire un noviciat au temple de Sigmar à Nuln. Ayant fini celui-ci, il doit maintenant parcourir le monde avant d’être consacré.
Si l’on m’avait dit, voilà trois ans, que je serai un jour capable de tenir une plume sans me maculer les doigts d’encre, je ne l’aurai jamais cru. Alors, coucher ces mots sur une feuille de vélin…
Il faut dire que là d’où je viens, savoir écrire n’est pas la norme. Les Wissenlandais, surtout ceux de Scharmbeck ou de Tierhügel ont plus l’habitude d’avoir leurs chaussures dans la boue et la poussière que dans l’atmosphère feutrée d’une cellule d’un temple. Mon destin est pour le moins hors du commun, et si Sigmar n’avait pas choisi d’éprouver ma foi, je serai peut-être encore en train d’extraire du minerai dans les Montagnes Noires, non loin de la confluence du massif avec ceux des Montagnes Grises et des Voûtes.
Je ne suis pas né mineur, non plus. Mes parents sont de simples paysans de Scharmbeck, ayant passé toute leur vie à essayer de tirer de quoi se nourrir d’une terre ingrate et caillouteuse. Ah, ces cailloux. Dans ma plus tendre enfance, je rêvais de pouvoir accompagner mes frères aux champs, aider à ramasser les cailloux qui émergeaient de terre, et tenter, d’un lancer bien ajusté, d’améliorer l’ordinaire en abattant quelque oiseau ou menu gibier. J’admirais mes aînés, chaque fois qu’un merle dodu ou un petit lapereau venait s’ajouter à la soupe de navets et au pain noir. Hélas, je déchantai bien vite lorsque je fus en âge de les accompagner. L’expression wissenlandais “pas plus d’un jet de pierre”, censée désigner quelque chose de facile en référence justement, à cette chasse improvisée, fut adaptée pour moi par mes frères pour devenir “à peine dix jets de pierre”…ce n’était ps une exagération. Je continuais à aller aux champs, et à ramasser les cailloux, mais on ne compta bientôt plus sur moi pour agrémenter le maigre repas du soir, qui devint fort monotone lorsque mes deux frères aînés devinrent assez forts pour participer aux “vrais” travaux des champs.
Puis naquirent coup sur coup mes deux frères cadets, qui assurèrent la relève et révélèrent des talents de chasseur bien supérieurs aux miens. Je commençais à attendre impatiemment tout changement qui mettrait fin à ma honte face à mes maigres capacités, mais je nourrissais peu d’espoir : la terre de mes parents était petite, et mes grands frères suffisaient aisément pour aider mon père. Je m’étais résigné à être un fardeau pour mes parents pendant quelques années encore, puis à partir comme manoeuvre, là où l’on voudrait bien m’embaucher.
Puis vint l’hiver, particulièrement rude de 2491. La neige boucha rapidement toutes les passes et il apparut rapidement aux mineurs du camp de Tierhügel voisin qu’il serait plus aisé de survivre dans les piémonts ou en plaine. La plupart redescendirent donc dans leur famille, et mes parents accueillirent le frère de ma mère, sa femme et leurs trois filles, et le père de ma tante. Mon oncle avait gagné assez d’argent pour payer l’hivernage, et égaya les longues soirées de son rire tonitruant. Il me prit en affection. Au grand dam de mon grand-père que je semblais exaspérer, d’ailleurs, même si mes frères et mon père étaient logés à la même enseigne de ce côté. Si bien que quand la neige fondit, et que la mine redevint accessible, ils proposèrent à mes parents de m’emmener. Je serais plus utile à Tierhügel qu’à Scharmbeck, et mes parents s’épargneraient une septième bouche à nourrir.
C’est ainsi que je devins mineur. D’abord occupé à pousser les wagonnets, porter les seaux, trier le charbon. Ma musculature se développa en conséquence, et je devins bientôt assez fort pour manier pioche et pic. Mon oncle et ma tante me considéraient comme leur fils, et je m’entendais très bien avec mes cousines. Il n’y avait que l’acariâtre grand-père que ma présence incommodait, et qui ne se gênait pas pour le clamer haut et fort. J’appris plus tard que c’était pour une querelle qui l’avait opposé au père de mon père, quand tous deux servaient dans l’armée du Wissenland. C’est mon oncle qui me raconta cette histoire de butin contesté. J’avais ignoré jusqu’à présent que mon grand-père avait été soldat.
La vie de mineur me plaisait. Le camp, bien plus grand que Scharmbeck, offrait plus d’animations, et les filles de certains habitants n’étaient pas désagréables à regarder. Jamais je n’ai regretté, je crois, d’avoir suivi mon oncle. Mais Sigmar avait, semble-t-il, d’autres plans pour moi…
Gurdil
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Gurdil est un cocher nain du Reikland qui fait la route Nuln-Bögenhafen sur une diligence qu’il a volé à la compagnie des Quatre Saisons. Il possède des ardoises dans tous les relais de la route et doit souvent se défendre contre ceux qui voudraient lui reprendre sa diligence.
Lysandre
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Lysandre est une jeune lanceuse de couteau. Après une enfance difficile, elle est partie d’Ostermark avec une troupe de Cirque jusqu’à Nuln où elle a eu quelques problèmes avec la loi. Sa troupe est repartie sans l’attendre et elle veut en profiter pour changer de vie.
Kierkegaard
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Kierkegaard est un contrebandier actif dans le sud du Reikland, il récupère des caisses d’alcools bretonniens dans la cité naine de Karak Azgaraz et les redescend jusqu’à Dunkelburg d’où il les distribue sur le Reik à partir de Grissenwald ou via Stimmigen et son canal.
Préparation de la campagne
septembre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Voici quelques notes sur la manière dont nous avons préparé le scénario.
Personnages des joueurs
J’ai choisi de faire commencer mes joueurs à la fin de leur première carrière. Il me semble plus crédible qu’ils se lancent à l’aventure après avoir exercé un métier dont ils se sont lassés et cela permet de jouer plus vite le choix d’une autre de carrière qui un bon élément d’inspiration pour le jeu.
Je les ai laissé libres pour choisir leur personnage et leur carrière de départ. Après qu’ils aient choisi leur profession et leurs compétences, je leur ai proposé leur région et leur ville d’origine. J’ai aussi choisi moi-même les talents supplémentaires des personnages humains.
Adaptation de la campagne
La campagne impériale étant ce qu’elle est, deux de mes joueurs avaient déjà joué les deux premiers scénarios (Erreur sur la personne et Ombres sur Bögenhafen), j’ai donc décidé d’arranger un scénario d’introduction et de les emmener directement vers l’intrigue de Mort sur le Reik.
Mon scénario d’introduction se déroule sur la route Nuln-Bögenhafen alors que les PJs sont en chemin vers le Schaffenfest, la rumeur arrive jusqu’à eux que la ville de Bögenhafen a été détruite (on parle d’un incendie, d’une attaque de Gobelins, rien n’est encore certain).
Cette introduction m’a donné l’occasion d’introduire un certain nombre de personnages afin de mieux gérer certains aspects de la campagne que je n’aimais pas, notamment le fait que les livres de campagne et l’intrigue font sans cesse référence aux personnages prétirés. J’avoue, d’ailleurs, être déçu de cet aspect : les rôlistes aiment créer leurs personnages, pourquoi avoir écrit la campagne par rapport à des personnages qui ne seront jamais utilisés ? les autres campagnes ne le font pas. Nombre des sous-intrigues de Mort sur le Reik ont à voir avec ces personnages prétirés, je les ai toutes virées et remplacées par des intrigues dans le sud du Reikland.
Cette introduction a aussi été l’occasion pour moi de développer des éléments de politique de la région du sud du Reikland. À ce propos l’excellente carte d’Andy Law (utilisée avec son autorisation pour l’arrière plan de ce site) qui en plus d’une géographie précise, représente les baronies locales et les comtés a aidé considérablement mon imagination. Je dois aussi mentionner les répertoires géographiques qui sont une aide de jeu formidable.


